Les Options (1ère partie)

1. Définition

Une option est un contrat qui confère, contre paiement immédiat d’une prime, la faculté, mais non l’obligation, d’acheter (call) ou de vendre (put), pendant une période limitée, à un prix défini à l’avance, une certaine quantité d’actif sous-jacent.

« la faculté, mais non l’obligation » : l’acheteur a le droit d’exercer ou pas son option d’achat ou de vente, selon que celle-ci est profitable ou pas. Comme on le verra plus loin, le vendeur d’option n’a pas le choix d’exercer ou pas puisque, par définition, ce n’est pas lui qui détient l’option et le droit qui y est attaché. Le vendeur d’option « subit » alors la décision de l’acheteur.

« période limitée » : une option a une date d’expiration. Une fois expirée l’option disparaît et n’a plus de valeur.

« prix défini à l’avance » : il s’agit du prix d’exercice. C’est le prix auquel le détenteur d’un call peut acheter le titre sous-jacent, ou auquel le détenteur d’un put peut vendre le titre sous-jacent.

« certaine quantité » : lorsque l’on parle d’un call, ou d’un put, on fait référence à un contrat call ou un contrat put, ayant une taille différente selon le marché de cotation. La quantité de titres sous-jacents en question variera selon la taille du contrat et la quantité de calls ou de puts achetés (ou vendus). Par exemple : si nous achetons 10 calls APPLE strike 120 échéance mars 2015 sur le CBOE @ $4.75, nous allons payer 10 x 100 x $4.75 = $4’750. La taille d’un contrat d’option sur actions étant généralement de 100 sur le CBOE.

2. Utilisation des options

En général une option est utilisée pour son effet de levier, permettant soit de spéculer sur les fortes variations de l’actif sous-jacent à court terme, soit de l’utiliser à des fins de couverture.

Quelle que soit son utilisation (spéculation ou couverture) ce sont les caractéristiques des options qui en font un instrument financier intéressant : une mise de départ modérée permet d’obtenir une exposition conséquente, à la hausse comme  à la baisse, sur un actif sous-jacent.

Lorsque l’on va mettre en place une stratégie il est important, puisque la durée de vie d’une option est limitée, d’avoir une opinion non seulement sur la direction du mouvement anticipé du sous-jacent, mais également sur le timing et l’amplitude de ce mouvement.

En gestion de portefeuille il est également possible de mettre en place des stratégies simples, qui ne font pas appel à cet effet de levier, et qui permettent d’augmenter le rendement d’un portefeuille. On verra ces stratégies plus loin, mais avant de poursuivre voyons quelques caractéristiques importantes concernant les transactions sur options :

Une transaction sur option en opening peut être soit un achat soit une vente. Un investisseur qui initie un achat en opening est considéré comme l’acheteur (buyer, owner, holder) et établit une position long. Un achat en opening est annulé par une vente en closing.

Un investisseur qui initie une vente en opening s’appelle le vendeur (writer, on dit qu’il « écrit » une option). Il établit une position short. Une vente en opening est annulée par un achat en closing.

3. Évaluation des options

Le prix d’une option (prime) varie selon les paramètres suivants :

le cours du sous-jacent, ou underlying (SJ) : le prix d’un call va varier dans le même sens que le cours de l’actif sous-jacent. Le prix du put va varier en sens inverse.

le prix d’exercice, ou strike (PE) : le prix d’un call va varier en sens inverse du prix d’exercice. Le prix du put va varier dans le même sens.

le temps restant avant l’expiration (t) : le prix du call et du put vont varier dans le même sens que le temps restant à courir jusqu’à l’expiration.  Plus il y a de temps avant l’expiration et plus les chances que le call ou le put soient profitables augmentes.

le dividende (D) : le paiement du dividende (le jour de l’ex-date) entraine une baisse du cours du titre, ce qui influe sur le cours du call (à la baisse) et du put (à la hausse).

le taux d’intérêt sans risque, ou risk-free rate (r) : le prix d’un call va varier dans le même sens que le taux d’intérêt sans risque, et le prix du put va varier dans le sens inverse. Acheter un call revient en effet à acheter « à crédit » l’actif sous-jacent (inversement pour le put, équivalent à un « prêt »). Si les taux montent cela coûte plus cher d’acheter « à crédit » donc le coût du call est plus élevé.

la volatilité de l’actif sous-jacent (S): le prix du call et du put vont varier dans le même sens que le niveau de volatilité du sous-jacent.

On peut noter que la valeur d’une option (VO) est égale à sa valeur intrinsèque (VI) plus sa valeur temps (VT) :

VO = VI + VT

La VI (intrinsic value) d’une option est la partie de la prime de l’option qui est dans la monnaie ou ITM (in the money).  Par exemple, si l’on reprend le call APPLE strike 120 échéance mars 2015 : au moment de l’écriture de ces lignes le cours d’Apple est de $115.49, donc le call est OTM et la VI est nulle => VO = VT, ce qui implique que VT = $4.75. Si Apple valait $125, la VI serait de $125 – $120 = $5. En principe une option ne vaut jamais moins que sa VI.

De manière générale, la VI est égale à :

Pour un call : VI = max (0, SJ – PE)

Pour un put : VI = max (0, PE – SJ)

La VT (time value) représente la partie de la prime qui provient du temps restant jusqu’à l’expiration de l’option. La valeur de l’option étant la somme de la VI et de la VT en on déduit que VT = VO – VI : la valeur temps est obtenue en retirant la valeur intrinsèque de la prime de l’option. En général une option perd un tiers de sa VT durant la première moitié de sa vie et les deux tiers durant la seconde moitié. Plus le temps passe et plus la probabilité que l’option soit profitable d’ici l’expiration est faible. Chaque jour qui passe voit une diminution de la VT (time decay) qui tend vers zéro à l’expiration.

Une option peut avoir 3 statuts différents :

– En dehors de la monnaie, ou out of the money (OTM) : VI = 0, PE > SJ pour le call et PE < SJ pour le put

– A la monnaie, ou at the money (ATM) : VI = 0, PE = SJ

– Dans la monnaie, ou in the money (ITM) : VI > 0, SJ > PE pour le call et SJ < PE pour le put.

Modèles d’évaluation du prix d’une option :

Il existe plusieurs modèles d’évaluation d’option mais le plus connu d’entre eux est le modèle de Black & Scholes (du nom de Fischer Black et Myron Scholes) qui est un modèle utilisé en mathématiques financières afin d’estimer en théorie la valeur d’une option financière, du type option européenne.

La formule de Black & Scholes

Les prix du call c et du put p sont définis comme suit :

BetS-1

BetS-2

avec :

BetS-3

BetS-4

Ici, log représente le logarithme naturel, et :

s = le prix du titre sous-jacent

x = le prix d’exercice

r = le taux d’intérêt annualisé sans risque

t = le nombre d’années jusqu’à l’échéance de l’option

σ = la volatilité implicite de l’action sous-jacente

Φ = la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite N(0, 1).

On peut également appliquer la formule à l’inverse : étant donné le prix de l’option, qui est cotée sur les marchés, quelle valeur de σ doit être choisie pour que la formule B-S donne exactement ce prix. On obtient ainsi la « volatilité implicite » qui a un grand intérêt pratique et théorique.

A savoir qu’il existe une relation de parité entre la valeur du call et celle du put, c’est à dire que l’on peut déduire la valeur d’un put à partir de celle d’un call et vice versa :

[katex]C = P + SJ – ( PE * e^{-nr} ) – D [/katex]

[katex]P = C – SJ + ( PE * e^{-nr} ) + D[/katex]

[katex]PE * e^{-nr} [/katex] = valeur actualisée du strike sur t périodes au taux sans risque r.

Exemple de calcul :

Reprenons l’action Apple, qui cote à $115.

Le taux d’intérêt sans risque à 1 an (au 04.12.2014) est de 0.5750% (trouvé ici).

On regarde le cours du call strike 110 qui expire en mars 2015 (le 20) soit dans 3 mois et demi. Son dernier cours est de $9.4 (« Last ») et son bid/ask spread est de $9.10 à $9.30.

Nous allons essayer de calculer la valeur du put de même strike et de même maturité :

Le taux d’intérêt sans risque (proportionnel) est donc de 0.5750% / 12 * 3.5 = 0.1677%

[katex]P = 9.40 – 115 + (110 \times e^{-0.1677\% \times 1} )[/katex]

[katex]P = -105.60 + 110 \times 0.9983 = 4.22[/katex]

Dans le tableau ci-dessous on observe un prix du put 110 à $4.39, soit légèrement plus cher que le prix théorique par rapport au call. Ceci s’explique par le fait que (entre autre) le put–call parity n’est valable que dans le cas d’options européennes (observation à l’échéance, contrairement aux options américaines qui peuvent être exercées à n’importe quel moment).

AAPL option chain

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Les Options (2ème partie)

Après avoir vue les notions essentielles pour comprendre comment fonctionnent les options, nous allons pouvoir examiner les quelques stratégies de base que l’on peut mettre en oeuvre dans le cadre de la gestion d’un portefeuille.

 

Les Stratégies de base

 

Nous allons commencer par les stratégies les plus simples, « acheteuses », qui sont l’achat d’un call et l’achat d’un put.

1) Achat de call

L’acheteur d’un call est bullish sur le sous-jacent. Il pense que son cours va monter au-dessus du strike de l’option. Théoriquement, il n’y a pas de limite à la hausse d’un titre, donc l’acheteur d’un call a un profit potentiel illimité.

L’investisseur réalise son profit soit en exerçant l’option et dans ce cas il revend le sous-jacent sur le marché à un cours supérieur, soit en vendant l’option plus chère puisque sa valeur intrinsèque sera montée. C’est en général ce dernier cas qui est préféré car en exerçant le call et en revendant le titre sur le marché on perd la valeur temps de l’option.

La perte maximale de l’acheteur d’un call est égale à la prime payée pour ce call. Si l’option est OTM à l’expiration, la prime est perdue.

Le point mort (break even) à l’expiration est atteint lorsque l’option est ITM pour un montant égal à la prime investie. Autrement dit, le point mort pour l’acheteur d’un call est le strike de l’option plus la prime payée.

 

Exemple :

> Achat 1 Call XYZ strike 580 échéance avril @ $20

 

Achat call XYZ
Achat de call

 

2) Achat de put

L’acheteur d’un put est bearish sur le sous-jacent. L’investisseur achète le droit de vendre le sous-jacent à un prix d’exercice, il est donc intéressant pour lui d’exercer ce droit si le prix du sous-jacent passe au-dessous du strike.

Puisque le cours du sous-jacent ne peut baisser au-delà de zéro, le gain potentiel maximum de l’acheteur du put est limité à la différence entre le prix d’exercice de l’option et la prime payée.

Si le cours du sous-jacent est au-dessus du strike à l’échéance alors le put est OTM et il n’a plus aucune valeur, la prime est perdue.

La perte maximale de l’acheteur d’un put est donc égale à la prime payée pour ce put.

Le break even à l’expiration est atteint quand le cours du sous-jacent baisse au-dessous du strike (ITM) pour un montant égal à la prime investie. Par conséquent, le point mort pour l’acheteur d’un put est le strike moins la prime payée.

 

Exemple :

> Achat 1 Put XYZ strike 495 échéance avril @ $30

 

Achat put XYZ
Achat de put

 

Après avoir vu les deux stratégies les plus simples, puisque « acheteuses », nous allons voir ce que donnent les ventes de call et de put.

 

3) Vente de call

Le vendeur d’un call est obligé de vendre le sous-jacent au strike si l’option est exercée (assignée). La contrepartie de cette obligation (et non pas un droit comme dans le cas de l’acheteur) est que le vendeur encaisse la prime. Si l’option expire OTM, c’est-à-dire sans valeur, la prime est définitivement encaissée et constitue son gain.

Une vente de call peut être couverte (covered call) ou non couverte.

Le vendeur de covered call détient le sous-jacent, il n’a donc pas besoin de constituer un dépôt de marge. Le vendeur de uncovered calls ne détient pas le sous-jacent et est soumis à des appels de marge.

 

>> Les uncovered calls (‘naked calls’)

C’est la stratégie la plus risquée puisque le risque est illimité !

Si l’acheteur du call (en face) exerce, le vendeur doit livrer le sous-jacent au cours prédéfini (strike). Puisqu’il ne détient pas le sous-jacent, il doit l’acheter sur le marché au prix du marché et il n’y a aucune limite à la hausse du cours.

Le gain maximum d’un vendeur de call est la prime encaissée lors de la vente de l’option (à condition que celle-ci expire sans valeur, OTM). Le vendeur d’un call non couvert est considéré comme bearish sur le sous-jacent.

Le break even à l’expiration est dans ce cas le prix d’exercice plus la prime.

 

Exemple :

> Vente 1 Call XYZ strike 580 échéance avril @ $20

 

Vente call XYZ
Vente de call non couvert

 

>> Les covered calls

Le vendeur de covered call détient le sous-jacent (pour une quantité équivalente au nombre de calls vendus multiplié par la taille du contrat).

Dans cette stratégie il n’y a aucun risque, ou presque. Si l’option est exercée, le vendeur de call n’a pas besoin d’aller acheter l’action sur le marché avant de la livrer. Cette stratégie permet d’augmenter le rendement d’un titre dans un portefeuille.

L’inconvénient, ou risque, de cette stratégie est que l’on accepte à l’avance de vendre le titre à un cours fixé par le strike. On s’expose donc à un risque de coût d’opportunité si le cours du sous-jacent explose à la hausse (on verra cependant que l’on peut ajouter de la souplesse avec les roll-over). De plus, on n’est pas du tout protégé à la baisse du cours du sous-jacent, même si l’on a au final diminué le prix de revient du titre sous-jacent.

La perte maximale d’un vendeur de covered call est donc égale au coût d’achat du sous-jacent moins la prime encaissée.

Le break even à l’expiration est ici le coût initial du sous-jacent moins la prime encaissée.

 

Exemple :

> Achat 1 action de XYZ @ $522

> Vente 1 call XYZ strike 580 échéance avril @ $20 (dans la réalité, si nous vendons un contrat call, dont la taille est 100, il nous faudra détenir 100 actions sous-jacentes)

 

Vente call couvert XYZ
Vente de call couvert (on détient le sous-jacent)

 

Explication du payoff de la stratégie :

Nous sommes au mois d’octobre et le cours de XYZ est à $522 au moment de la mise en place de la stratégie.

Le rendement de la stratégie est donc de : 20 / 522 x 100 = 3.83% sur 6 mois => 7.81% annualisé

Si à l’expiration :

. XYZ >= 580, le gain sur l’action XYZ est de (580 + 20 – 522) / 522 = 14.94% (sur 6 mois)

. XYZ < 580, le coût d’achat moyen de XYZ passe de 522 à 502

 

4) Vente de put

Le vendeur d’un put est obligé d’acheter le sous-jacent au strike si l’option est exercée. La contrepartie de cette obligation est encore une fois que le vendeur encaisse la prime. Si le put expire OTM, la prime est définitivement encaissée et constitue son gain.

Ici aussi, la vente de put peut être couverte ou non couverte.

Un put est considéré comme couvert si le vendeur est short du sous-jacent ou s’il a le cash disponible en compte pour un montant égal au prix d’exercice. Le vendeur de put non couvert est confronté à un besoin de marge.

 

>> Les uncovered puts

Le gain maximum pour un vendeur de put non couvert est la prime encaissée lors de la vente initiale. Si l’option est OTM à l’expiration, elle sera sans valeur et le vendeur gardera la prime. Ce sera le cas si le cours du sous-jacent est supérieur au strike du put. Par conséquent, le vendeur du put non couvert est considéré ‘plutôt’ comme bullish sur le sous-jacent. (‘plutôt’ car s’il est vraiment bullish il vaut mieux qu’il achète le titre, ou un call).

Si le cours du sous-jacent passe en dessous du strike, alors le put peut être assigné et l’investisseur devra acheter le sous-jacent au strike. Au final, le coût du sous-jacent sera égal au strike moins la prime encaissée.

Le break even à l’expiration est atteint si l’investisseur peut vendre le sous-jacent dans le marché à un prix égal au coût (strike – prime).

Puisque le cours du sous-jacent ne peut descendre en dessous de zéro, la perte maximale à laquelle le vendeur de put non couvert est exposé est le strike moins la prime.

 

Exemple :

> Vente 1 Put XYZ strike 495 échéance avril @ $30

 

Vente put XYZ
Vente de put

 

>> Les covered puts

Le vendeur d’un put qui est également short du sous-jacent est dit « couvert ». La prime reçue compense la perte éventuelle due à la hausse du sous-jacent. Le break even est donc ici égal au prix de la vente short plus la prime encaissée.

La perte potentielle d’un vendeur de covered put est illimitée ! Puisque la hausse du sous-jacent est théoriquement illimitée.

Aussi, si le cours du sous-jacent passe sous le strike du put, le gain sur la position short est compensée par la perte sur l’option.

 

Exemple :

> Vente 1 action XYZ short @ $522

> Vente 1 Put XYZ strike 495 échéance avril @ $30

 

Vente put couvert XYZ
Vente de put couvert

 

Le gain maximum d’un vendeur de covered put est donc égal à la différence entre le prix de vente short du sous-jacent et le strike du put, plus la prime encaissée.

Cette stratégie peut se révéler intéressante si l’on pense que la « perte illimitée » est à écarter (raisonnement de toute vente short), c’est-à-dire que la société ne devrait pas être la cible d’une OPA (à cause, par exemple, de la structure de son actionnariat) et que l’on pense que l’essentiel des mauvaises nouvelles est déjà incorporé dans le cours…

 

5) Commentaires sur les stratégies d’options simples

>> Analyse Top-Down des volatilités

Dans un grand portefeuille (ou dans un fonds), il est possible d’établir une liste de valeurs sur lesquelles porteront les stratégies évoquées plus haut. Dans ce cas, il faut vérifier le niveau des volatilités implicites des indices et des titres. Si celles-ci sont plus faibles que les volatilités historiques, cela signifie que l’appréhension vis-à-vis du risque systémique demeure faible et en même temps que les options s’y référant sont bon marché. Elles deviennent donc intéressantes en terme de couverture (achat de put) ou de re-sensibilisation d’un portefeuille à la hausse (achat de call).

Ensuite, au sein d’un même indice, on va comparer les volatilités de chacun des secteurs. Il va de soit que certains secteurs comme les technologiques vont être beaucoup plus volatiles. Mais il faut en fait comparer à la norme historique du secteur. Le secteur de l’énergie, par exemple, devient plus volatile lorsque certaines nouvelles viennent affecter le cours du baril de pétrole. Dans ce cas certaines stratégies de ventes de put ou de call deviennent plus intéressantes.

Donc, une fois déterminés les secteurs les plus volatiles, on va en tirer quelques valeurs sur lesquelles porteront nos stratégies : rendement (directionnelles ou non-directionnelles), cash extraction.

 

>> Stratégies

Les stratégies à employer sont des variantes/combinaisons des stratégies vue plus haut :

– Achat de Tunnel Haussier, ou Collar

– Vente de call

– Vente de put

Strangle

– Cash Extraction : un investisseur peut être tenté de prendre ses bénéfices en vendant l’intégralité ou une partie de son portefeuille. S’il agit dans ce sens, il prend le risque de manquer un rebond du marché, le privant ainsi d’une plus-value. La stratégie de « cash extraction » permet de limiter le risque de baisse tout en continuant de profiter d’une hausse possible du titre.

 

Dans une troisième partie nous verrons quelques stratégies un peu plus complexes, qui permettent de jouer l’évolution d’un sous-jacent dans un sens ou dans un autre, tout en limitant les pertes potentielles.

Suite >>>   Les Options (3ème partie)

Les Options (3ème partie)

 

Les Stratégies complexes

Nous allons commencer par les différents types de spreads.

 

1) Les spreads

Un spread offre à l’investisseur la possibilité de limiter ses pertes en échange d’un potentiel de gain limité. Il consiste à simultanément acheter et vendre une option de la même classe (call ou put et sur le même sous-jacent). L’expiration et/ou le strike seront différents. C’est justement cette différence qui va déterminer le type de spread obtenu :

 

>> Le price spread (vertical spread) :

Les options sont de la même classe et ont la même expiration mais les strikes sont différents.

> Achat 1 call XYZ strike 550 échéance avril

> Vente 1 call XYZ strike 555 échéance avril

 

>> Le calendar spread (horizontal spread) :

Les options sont de la même classe et ont le même strike mais l’expiration est différente.

> Achat 1 call XYZ strike 400 échéance avril

> Vente 1 call XYZ strike 400 échéance juillet

 

>> Le diagonal spread :

Les options sont de la même classe mais ont simultanément un strike et une échéance différents.

> Achat 1 call XYZ strike 400 échéance avril

> Vente 1 call XYZ strike 405 échéance juillet

 

Lorsqu’un spread est créé, l’investisseur paye la prime de l’option achetée et encaisse la prime de l’option vendue et le solde est crédité ou débité sur le compte du client.

L’investisseur anticipe que la différence entre la prime des deux options (le spread) va soit s’élargir soit se réduire. Le spread entre les primes ne s’élargira jamais plus que la différence entre les strikes des options. Le spread sera à son point le plus étroit lorsque les deux options expirent sans valeur.

S’il anticipe que le spread va l’élargir (la différence entre les primes augmente), l’investisseur va acheter l’option qui a la prime la plus élevée et vendre l’option avec la prime la plus faible. Ceci entraîne un debit spread.

S’il anticipe que le spread va se resserrer (la différence entre les primes diminue), l’investisseur va acheter l’option avec la prime la plus faible et vendre celle dont la prime est la plus élevée. Ceci entraîne un credit spread.

 

Analyse des différents spreads

 

. Le call debit spread :

Ici, l’investisseur achète le call qui a le strike le plus bas et vend le call qui a le strike le plus grand. Le premier aura une prime supérieure au second. On a donc un debit spread.

Dans cette stratégie l’investisseur est bullish sur le sous-jacent car une augmentation de ce dernier va entraîner une hausse des primes des calls et le spread va s’élargir.

 

Exemple :

> Achat 1 Call XYZ strike 550 échéance avril @ $30    =>   cash flow : -30

> Vente 1 Call XYZ strike 580 échéance avril @ $20   =>   cash flow : +20

=>   debit spread = -10

 

Call debit spread XYZ
Call debit spread

 

. Le call credit spread :

Dans ce cas on achète le call avec le strike le plus élevé (= la prime la plus faible) et on vend le call dont le strike est le plus faible (= la prime la plus élevée).

Cette stratégie est considérée comme bearish sur le sous-jacent. Si le cours de ce dernier baisse, les primes vont baisser également et le spread va se réduire.

 

Exemple :

> Achat 1 Call XYZ strike 600 échéance juillet @ $25    =>   cash flow : -25

> Vente 1 Call XYZ strike 575 échéance juillet @ $30     =>   cash flow : +30

=>   credit spread = +5

 

Call credit spread XYZ
Call credit spread

 

 

. Le put debit spread :

Dans un put debit spread, l’investisseur achète le put avec le strike le plus élevé et vend le put avec le strike le plus faible. Cette stratégie est bearish sur le sous-jacent. Si le cours du sous-jacent baisse, les primes vont augmenter et le spread va s’élargir.

 

Exemple :

> Achat 1 Put XYZ strike 495 échéance avril @ $30    =>   cash flow : -30

> Vente 1 Put XYZ strike 475 échéance avril @ $20    =>   cash flow : +20

=>   debit spread = -10

 

Put debit spread XYZ
Put debit spread

 

. Le put credit spread :

Dans ce cas on achète le put avec le strike le plus faible et on vend le put avec le strike le plus fort.

Cette stratégie est bullish. Au fur et à mesure que le cours du sous-jacent monte, les primes baissent et le spread se réduit.

 

Exemple :

> Achat 1 Put XYZ strike 475 échéance avril @ $20    =>   cash flow : -20

> Vente 1 Put XYZ strike 495 échéance avril @ $30    =>   cash flow : +30

=>   credit spread = +10

 

Put credit spread XYZ
Put credit spread

 

. Le butterfly spread :

Lorsque l’on s’attend à voir les cours fluctuer dans le marché, on veut acheter de la volatilité. La façon dont on l’achète constitue la stratégie à adopter.

Une des façons de mettre en place une stratégie d’achat de volatilité est le long straddle (le straddle acheteur) : on achète un call OTM et un put OTM => la stratégie est profitable si le cours du sous-jacent bouge radicalement dans un sens ou dans un autre (voir partie sur le straddle ci-dessous). L’inconvénient est que si la volatilité n’est pas celle escomptée alors on perd complètement les deux primes. Or il existe une stratégie qui permet de limiter cette perte : le butterfly spread.

Le butterfly spread est une stratégie neutre, elle est limitée en termes de risques mais également en termes de potentiel de profit. La stratégie implique l’utilisation d’un bull spread (par exemple un call debit spread) et d’un bear spread (par exemple un put debit spread).

Le butterfly spread possède 3 strikes différents et peut être utilisé pour acheter ou vendre la volatilité. Il est composé d’une partie bullish et d’une partie bearish.

butterfly spread 1

 

Les positions short, dont les strikes sont plus éloignés que les positions long, constituent les « ailes » du papillon. Ces « ailes » réduisent le coût moyen de la stratégie et sont intéressantes quand les niveaux de volatilité implicites sont très élevés, mais elles ont également l’effet négatif de limiter le profit potentiel.

 

Exemple :

> Achat 1 Call XYZ strike 380 échéance avril @ $30    =>   cash flow : -30

> Vente 1 Call XYZ strike 405 échéance avril @ $20    =>   cash flow : +20

> Achat 1 Put XYZ strike 380 échéance avril @ $30    =>   cash flow : -30

> Vente 1 Put XYZ strike 355 échéance avril @ $20    =>   cash flow : +20

=>   debit spread = -20

 

butterfly spread 2
Butterfly spread

 

 

2) Les straddles

Un straddle consiste en l’achat d’un call et d’un put, ou la vente d’un call et d’un put sur le même sous-jacent. Le prix d’exercice et la date d’expiration sont également les mêmes. Si l’investisseur achète les deux options, on l’appelle un long straddle. S’il les vend, c’est un short straddle. L’investisseur qui met en place cette stratégie spécule sur la volatilité du titre : l’acheteur du straddle s’attend à une forte volatilité du sous-jacent, tandis que le vendeur s’attend plutôt à peu ou pas de volatilité.

 

. Le long straddle :

L’investisseur qui achète un straddle anticipe un mouvement du titre sous-jacent mais ne sait rien de la direction du mouvement. Le call du straddle va s’apprécier si le titre monte et, de la même façon, le put va s’apprécier si le titre baisse. Le long straddle ne sera donc profitable que lorsque le mouvement du sous-jacent est supérieur aux primes payées pour la stratégie. Les deux points morts s’obtiennent en ajoutant puis en soustrayant la prime totale payée, du strike des options.

 

Exemple :

> Achat 1 Call XYZ strike 380 échéance avril @ $30    =>   cash flow : -30

> Achat 1 Put XYZ strike 380 échéance avril @ $30    =>   cash flow : -30

 

long straddle XYZ
Long straddle

 

. Le short straddle :

L’investisseur qui vend un straddle s’attend à une faible volatilité du cours du sous-jacent, il est considéré comme ayant une attitude neutre. Le but est ici de générer un revenu à partir des 2 primes encaissées. Les points morts sont les mêmes que pour le long straddle mais le vendeur ne tire profit de cette stratégie que si le cours du sous-jacent reste entre les 2 points morts.

 

Exemple :

> Vente 1 Call XYZ strike 380 échéance avril @ $30    =>   cash flow : +30

> Vente 1 Put XYZ strike 380 échéance avril @ $30    =>   cash flow : +30

 

short straddle XYZ
Short straddle

 

 

 

Pour en savoir plus sur les stratégies d’options : http://www.theoptionsguide.com/option-trading-strategies.aspx